Cours de littérature et d’études culturelles

Mes intérêts pédagogiques sont divers, mais ils cherchent tous à interroger comment les récits de fiction encouragent les lecteurs à concevoir leur expérience socio-matérielle, linguistique et de la littérature-même dans une nouvelle perspective. Tout au long de ma carrière d’enseignant, j’ai proposé des cours de littérature et d’études culturelles qui reflètent cette question à travers l’étude de différents genres littéraires, espaces géographiques et époques culturelles. La diversité sociale est essentielle dans mon enseignement et tous mes cours s’efforcent d’intégrer, dans les corpus de textes que j’enseigne, une pluralité de voix. Ci-après, voici quelques descriptifs des cours que j’ai enseignés aux États-Unis et en France ainsi que ceux que je suis en train de développer.

Queer Politics in Literature 

Ce cours examine la façon dont le genre, la sexualité et les politiques identitaires informent, critiquent et modèlent la littérature et les narrations visuelles aux États-Unis et en Europe. Nous nous concentrons sur la relation entre des ouvrages de fiction et des mouvements sociopolitiques et artistiques des années 1890 à aujourd’hui, traversant le décadentisme, l’activisme queer dans la république de Weimar, la seconde vague féministe, les émeutes de Stonewall, la troisième vague féministe, la crise du SIDA, le mouvement du mariage pour tous et les migrations des individus LGBT. Nos lectures incluent des récits littéraires, visuels et oraux qui sont mis en relation avec des articles de presse, des documents légaux et médicaux, ainsi qu’une bibliographie critique adressant des débats majeurs dans les études littéraires et les études de Genre. Parmi les auteur.e.x.s étudié.e.x.s se trouvent Oscar Wilde, James Baldwin, Edmund White, Audre Lorde, John Rechy, Adrienne Rich, Leslie Feinberg, Audre Lorde, Cheryl Dunye, et Sandy Stone.

Writing Diversity in America

Ce cours de deux semestres propose une étude interdisciplinaire et historique des minorités des États-Unis au vingtième et vingt-unième siècle. À travers des lectures actives de récits littéraires et visuels qui se centrent dans les subjectivités afro-américaines, amérindiennes, Chicanos, asiatico-américaines, gays, lesbiennes et transgenres, nous  examinons comment l’usage créatif du discours articule et défie les contextes historiques et les inégalités persistantes de la société américaine. Nos lectures primaires incluent une sélection de nouvelles, de pièces de théâtre, de performances comiques et de textes autobiographiques de, entre autres auteur.e.s, Gloria Anzaldúa, Octavia Butler, W.E.B. Du Bois, Sandra Cisneros et Toni Morison. Ces lectures sont complétées par des études critiques issues de la narratologie, de l’histoire américaine, de la Critical Race Theory, des études féministes et de la théorie Queer. Nos discussions, écrits et essais de fin de semestre portent sur la relation entre des récits et des problématiques telles que la discrimination raciale et ethnique, l’intersectionalité, l’hétéronormativité, la (post-)migration, les inégalités de genre et écologiques, les droits linguistiques, et l’écriture de l’histoire. Nous examinons également les techniques littéraires mises en œuvre dans les récits comme l’humour, les allusions intertextuelles, l’hybridisme linguistique et le fantastique employés pour représenter l’expérience vaste et complexe d’être une minorité aux États-Unis. 

Raconter la Postmigration

Ce cours intègre des études sur la fiction, l’histoire et la politique pour explorer les expériences dynamiques des descendants d’immigrés dans la France, les États-Unis et l’Allemagne contemporains. Nous débutons en situant des productions culturelles globales au sein du cadre théorique de la « postmigration » ; concept qui émerge dans la scène théâtrale berlinoise dans les années 2000, et qui vise à décrire la réalité des individus qui n’ont pas eux-mêmes migré, mais qui se sont socialisés dans un environnement marqué par la migration et par des récits migratoires. Ensuite, nous étudions la représentation littéraire des sujets Chicanos, franco-maghrébins et germano-turcs au prisme de la migration, la langue, la famille, les tropes littéraires, le genre et l’espace social et matériel. Nous comparons alors les textes abordés en mettant l’accent sur leurs différents contextes culturels et socio-politiques. Enfin, nous explorons l’espace discursif et analytique de la postmigration comme instrument du changement social. Nos sources primaires comportent des nouvelles, des essais, des extraits de romans et des récits visuels et numériques qui incluent, parmi d’autres, des textes de Mehdi Charef, Jakob Arjouni, Sandra Cisneros, Faïza Guène, Alejandro Morales, Zafer Şenocak, Selim Özdoğan, et Leïla Sebbar.

Cultures Postcoloniales: Mémoire et Histoire dans le monde postcolonial francophone

Ce cours de littératures comparées francophones explore les diverses façons par lesquelles des auteur.e.s originaires de la France continentale, les Caraïbes françaises, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest francophones ont essayé, à travers leurs récits littéraires et visuels, de développer un sens particulier du passé colonial pour en comprendre ses divers héritages. Les lectures se centrent autour de périodes historiques clés tels que la construction de l’empire colonial français, la traite esclavagiste, la révolution haïtienne, la départementalisation des Caraïbes françaises, la décolonisation de l’Afrique de l’Ouest et leurs guerres civiles, la guerre franco-algérienne et les migrations postcoloniales subséquentes. Les sources primaires incluent des romans, des films, des récits autobiographiques et de la fiction expérimentale qui nous amènent à aborder six thématiques : l’histoire et l’histoire littéraire, l’histoire comme expérience, la poétique et la politique de l’histoire, les approches socio-historiques de l’histoire, la transcription de l’histoire dans la fiction, et le concept de mémoire collective. Parmi les auteur.e.s étudiés figurent, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Yamina Benguigui, Assia Djebar, Patrick Chamoiseau, Azouz Begag, Ahmadou Kourouma, et Rachid Bouchareb. 

Écritures algériennes: 

Mythes, récits, enjeux mémoriels 

Traversant des périodes clés de l’histoire algérienne (période antique, période ottomane, colonisation française de 1830 à 1962, guerre d’indépendance [1954-1962], vagues d’émigration algérienne en France, « décennie noire » [1991-2002], l’après-guerre civile), nous étudierons des œuvres de la littérature algérienne d’expression française. Nous complèterons notre étude des sources visuelles, orales et imprimées par une lecture de la presse coloniale et par l’apport de la bibliographie critique afin de mieux prendre en compte la complexité de l’histoire et de l’espace culturel algériens. Partant des mythes kabyles et des nûbas arabo-andalouses, étudiés et traduits pendant l’époque coloniale et postcoloniale, nous aborderons les continuités thématiques, esthétiques, historiques et politiques de la littérature algérienne. Nous nous demanderons comment les écrivains et artistes, dans leur diversité, ont appréhendé à la fois l’hégémonie de la tradition littéraire française ainsi que la politique d’arabisation forcée de l’État algérien et la minorisation de la langue et de la culture kabyle. Enfin, nous suivrons les pistes de réflexion qui ont récemment permis de « décoloniser » l’étude de l’Algérie littéraire et de faire place aux écrivaines algériennes, à leur prise de parole et au traitement de la sororité et du corps dans leurs œuvres, ainsi qu’à leurs rapports à l’Histoire.

Le Creuset Français:

Écrire l'immigration en France

Ce cours examine les représentations de l’immigration et de l’immigré en France de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. Il propose un regard critique sur la migration comme une thématique et un genre littéraire de la littérature française en mettant l’accent sur quatre vagues migratoires : les migrations italiennes de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, les migrations ibériques au vingtième siècle, les migrations postcoloniales du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest et les récits de réfugiés dans les années 2010. À travers l’étude des romans, des pièces de théâtre, des films, et des essais critiques issus de plusieurs disciplines (arts, histoire, sociologie, sciences politiques), nous discuterons des concepts et des théories de l’exile, du colonialisme, du transnationalisme, du multiculturalisme, de l’intégration, de la postmigration, du third space et de l’intersectionalité. Nos auteur.e.s incluent Omar Benlaala, Calixthe Beyala, Marie Darrieussecq, Fatou Diome, Sylvie Garcia, Serge Valetti ainsi que des extraits d’articles de presse du XIXe siècle à nos jours.

Récits d'amour français

Ce cours de deux semestres aborde des récits français d’amour de la fin du XVIe siècle à aujourd'hui. Le premier semestre explore la tragédie de l’amour interdit au XVIIe siècle, la réhabilitation des passions humaines dans la période des Lumières et diverses pièces de théâtre et de romans du XVIIIe siècle. Une sélection de textes historiques, philosophiques, visuels et théoriques sur l’amour, la sexualité, et l’intimité contribueront à un renouvellement de l’étude des traditions affectives et sentimentales de la France et de l’Europe occidentale prémoderne. Parmi les auteur.e.s étudiés figurentRacine, Madame de la Fayette, Antoine François Prévost, Pierre Choderlos de Laclos, Honoré d’Urfé, le Marquis de Sade. Le second semestre se concentre sur des récits français d’amour de la Révolution Française au vingt-unième siècle. À travers l’étude des textes modernes de, entre autres auteur.e.s, Chateaubriand, Germaine de Staël, Balzac, Proust et Duras, le cours se centre sur la modernité comme un processus culturel et social qui continue d’influencer les représentations artistiques de l’amour comme un sentiment associé à des émotions contradictoires, un idéal des relations intersubjectives, et une expérience unique et bouleversante. Nos lectures et discussions se centrent autour d’événements historiques clés comme les révolutions de 1789 et 1848, l’urbanisation au XIXe siècle, les guerres mondiales, la décolonisation et d’autres événements contemporains comme le mariage pour tous.